Jerome Powell, le président de la Fed. (Crédits: Federal Reserve)
Par Christophe Boucher, Directeur des investissements chez ABN AMRO Investment Solutions
La Fed devrait maintenir ses taux inchangés lors de sa réunion de demain.
Les perspectives se sont considérablement détériorées ces dernières semaines pour la Fed, et ce sur les deux volets de son mandat.
Après un rapport sur l'emploi très solide en janvier, le marché du travail s'est à nouveau affaibli en février, tandis que les risques inflationnistes ont refait surface en raison du conflit en Iran et des nouveaux droits de douane.
Dans ce contexte, les déclarations de Jay Powell seront particulièrement scrutées.
Nous pensons que M. Powell devrait mettre l'accent sur le volet inflationniste du mandat de la Fed, qui est davantage menacé à ce stade, tandis que les chiffres de l'emploi restent volatils d'un mois à l'autre et ont été notablement faussés le mois dernier par les grèves dans le secteur de la santé.
À lire aussi | La Fed maintient ses taux inchangés face à une amélioration des perspectives économiques
Dans la nouvelle série de prévisions de la Fed, nous nous attendons à ce que la banque centrale reste très prudente, reflétant un choc stagflationniste très modéré, c'est-à-dire une hausse modérée de l'inflation sans effets de second tour anticipés à ce stade, et une croissance à peu près similaire, voire légèrement inférieure, à celle de la précédente série de prévisions.
Le conflit en Iran a éclipsé les droits de douane de Trump, mais la décision de la Cour suprême représente un véritable coup de pouce à court terme pour la croissance économique américaine.
Nous pensons globalement que la Fed s'en tiendra à une approche attentiste et évitera de se précipiter dans une réaction excessive à un moment où la visibilité reste limitée.
La tâche s'annonce en revanche plus difficile pour la prochaine présidente de la Fed, Warsh, qui devrait faire face à une pression continue de la part de l'administration Trump pour baisser les taux, alors que les pressions inflationnistes se seraient déjà répercutées sur l'indice global.
Malgré tout, la Fed se trouve dans une position moins inconfortable que la BCE, l'Europe étant davantage affectée par le conflit compte tenu de sa dépendance vis-à-vis de l'énergie du Moyen-Orient.
Cela se reflète dans une réévaluation plus agressive par les marchés de la trajectoire de politique monétaire de la BCE par rapport à celle de la Fed.
0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer